Tour solaire Noor III, complexe solaire de Ouarzazate — Photo : Marc Lacoste, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Le Maroc que l’on découvre en voyage — médinas, artisanat, cuisine — n’est qu’une partie de l’histoire. En quelques décennies, le pays a construit une base industrielle réelle et diversifiée : premier constructeur automobile d’Afrique, futur premier producteur africain de moteurs d’avion, quasi-monopole mondial sur les réserves de phosphate, et l’un des plus grands complexes solaires de la planète. Voici cette autre facette du Maroc, secteur par secteur, chiffres sourcés à l’appui.
Industrie automobile

Vue du port Tanger Med — Photo : Mido1233, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Partie de zéro dans les années 1960 avec le montage de véhicules SOMACA à Casablanca, l’industrie automobile marocaine est devenue en une décennie le premier secteur exportateur du pays, portée par l’implantation de deux constructeurs mondiaux et d’un écosystème dense d’équipementiers autour du port de Tanger Med.
- Renault opère deux usines au Maroc : Tanger Méditerranée (Melloussa) et Somaca à Casablanca, où est assemblé le SUV urbain Kardian depuis novembre 2024.
- Stellantis a inauguré l’extension de son usine de Kénitra, portant sa capacité de 200 000 à 535 000 véhicules par an (y compris les micro-véhicules Citroën Ami, Opel Rocks-e, Fiat Topolino).
- Le Maroc compte 270 fournisseurs automobiles répartis dans six régions, contre seulement 35 en l’an 2000 (AMDIE).
- En 2025, le Maroc a dépassé pour la première fois le seuil du million de véhicules produits en une année, devenant le 1er producteur automobile d’Afrique devant l’Afrique du Sud.
- 16,9 milliards de dollars d’exportations automobiles en 2025, soit 32,9 % du total des exportations marocaines — 1er poste d’exportation du pays (Office des Changes, 2025).
- 107,14 milliards de dirhams (11,45 milliards de dollars) d’exportations automobiles sur les sept premiers mois de 2026 (janvier-juillet), en hausse de +14,9 % sur un an (Office des Changes, via Morocco World News, 1er septembre 2026).
- 52,3 % des exportations automobiles africaines proviennent du Maroc en 2025, soit 454 443 véhicules exportés (Le360 Afrique, 2025).
- 157 milliards de dirhams d’exportations automobiles en 2024, +6,3 % sur un an (presse économique marocaine, 2024).
- Emploi : entre 180 000 emplois directs et environ 251 000 selon le périmètre retenu (estimations sectorielles vs Baromètre de l’industrie 2024) — un chiffre officiel unique consolidé par l’AMICA reste à confirmer.
- 116,148 milliards de dirhams d’exportations automobiles à fin août 2026, en hausse de +14,5 % sur un an, détaillées par segment : construction automobile 44,747 milliards de dirhams (+19 %), câblage 44,777 milliards de dirhams (+13,9 %), sièges et extérieur 3,769 milliards de dirhams (+43,6 %) (Office des Changes, via Finances News Hebdo, 2 octobre 2026).
Industrie aéronautique

Photo d'illustration (hangar aéronautique) — Pexels, licence libre
Lancée au début des années 2000 avec l’installation des premiers sous-traitants autour de l’aéroport Mohammed V, la filière aéronautique marocaine s’est structurée en écosystème intégré à Nouaceur (plateforme Midparc, inaugurée en 2013), avec l’ambition de devenir un hub mondial de sous-traitance aérospatiale.
- La plateforme Midparc regroupe notamment Bombardier, Safran, Stelia Aerospace, Latécoère, Aerolia, Hexcel, Lisi Aerospace et Daher.
- Safran investit plus de 280 millions d’euros dans une nouvelle usine de trains d’atterrissage à Nouaceur (26 000 m², environ 500 emplois à terme, mise en service prévue 2029, annoncée le 2 février 2026).
- Safran construit aussi à Casablanca une usine d’assemblage de moteurs LEAP (programme A320neo) : d’ici 2027, le Maroc doit devenir le premier pays africain à produire des réacteurs d’avion.
- Un second complexe Safran dédié aux moteurs LEAP est en construction à Tiflet (atelier de maintenance + ligne d’assemblage LEAP-1A, 350 millions d’euros, annoncé en octobre 2025) : au total, Safran engage plus de 630 millions d’euros au Maroc entre 2025 et 2027, pour plus de 2 500 emplois créés d’ici 2030 (Safran Group, via Afrik.com, 14 février 2026).
- Le GIMAS (Groupement des Industries Marocaines Aéronautiques et Spatiales) fédère 142 entreprises ; le taux d’intégration industrielle locale de la filière dépasse 40 %.
- 26,4 milliards de dirhams d’exportations aéronautiques en 2024, +14,9 % sur un an et +243 % sur dix ans (GIMAS, 2024).
- Entre 23 000 et 26 000 emplois hautement qualifiés selon les sources, pour plus de 150 entreprises (GIMAS, 2024).
- Safran emploie environ 5 000 personnes sur 10 sites au Maroc, avec plus de 2 000 recrutements prévus sur cinq ans.
- 29,087 milliards de dirhams d’exportations aéronautiques en 2025, soit +10 % sur un an (contre 26,446 milliards de dirhams en 2024) — portées par l’assemblage (+11 %, 19,129 milliards de dirhams) et les systèmes de câblage électrique (+8,3 %, 9,858 milliards de dirhams) (Office des Changes, via Marrakech Airshow 2026, octobre 2026).
- La filière compte désormais entre 150 et 155 entreprises selon la source, pour environ 24 000 à 27 000 emplois et un taux d’intégration locale dépassant 40 % (Marrakech Airshow 2026 / GIMAS via Le360, mai-octobre 2026) — les chiffres exacts varient selon la date de la source, sans consolidation officielle unique repérée.
Phosphates et industrie chimique

Ancien terril de phosphate OCP, Khouribga — Photo : Bertrand Soubeyrand, Wikimedia Commons, CC BY 4.0
Le Maroc extrait du phosphate depuis 1921 via l’Office Chérifien des Phosphates (OCP), transformé en société anonyme (Groupe OCP) en 2008. Le pays détient une position de quasi-monopole mondial sur les réserves, ce qui en fait un acteur stratégique de la sécurité alimentaire mondiale via les engrais.
- Le Maroc détiendrait environ 70 % des réserves mondiales connues de phosphate — chiffre largement repris dans la presse spécialisée, à recouper avec une publication USGS ou OCP pour un usage strictement encyclopédique.
- Sites industriels majeurs : mines de Khouribga (le plus grand bassin phosphatier du pays), plateformes chimiques de Jorf Lasfar et de Safi pour la transformation en acide phosphorique et engrais.
- OCP prévoit de porter sa capacité de production d’engrais phosphatés à 9 millions de tonnes par an d’ici 2028.
- OCP employait 16 986 salariés en 2024, en hausse de 3,9 % sur un an (Revelio Labs, 2024).
- OCP, via sa filiale OCP Specialty Products & Solutions, a annoncé le 14 octobre 2026 son projet de racheter la totalité du capital d’EMAPHOS (usine d’acide phosphorique purifié de Jorf Lasfar, capacité d’environ 300 000 tonnes/an), en reprenant les parts de ses partenaires historiques, l’allemand Chemische Fabrik Budenheim et le belge Prayon (déjà détenu à 50 % par OCP) ; opération soumise aux autorisations réglementaires, finalisation visée début 2027, montant non communiqué (Médias24, Le Desk, Hespress, 14 octobre 2026).
- Chiffre d’affaires consolidé OCP : 96,98 milliards de dirhams en 2024 (+6 % sur un an), puis 113,9 milliards de dirhams en 2025 (+17 % sur un an) — communication financière OCP / APAnews.
- Chiffre d’affaires en repli au premier semestre 2026 : 48,372 milliards de dirhams, en recul de 7 % par rapport aux 52,166 milliards de dirhams du premier semestre 2025, dans un contexte de tensions géopolitiques et logistiques sur les matières premières (La Vie Éco, 1er septembre 2026).
- Les engrais phosphatés ont représenté environ 69 % des revenus du groupe en 2024, contre 66 % en 2023.
Énergies renouvelables

Centrales solaires Noor I et Noor II, Ouarzazate — Photo : Richard Allaway, Wikimedia Commons, CC BY 2.0
Le Maroc a fait de l’indépendance énergétique un axe stratégique depuis le lancement en 2009 du programme solaire marocain, porté par l’agence devenue MASEN. Dépourvu de ressources fossiles significatives, le pays a misé sur son fort ensoleillement et ses couloirs de vent pour construire des infrastructures parmi les plus grandes au monde.
- Le complexe solaire Noor à Ouarzazate combine quatre centrales (Noor I et II en cylindro-parabolique, Noor III en tour solaire, Noor IV en photovoltaïque) sur plus de 3 000 hectares.
- À Midelt (Moyen Atlas), un second mégaprojet solaire est en cours de déploiement : le complexe Noor Midelt, structuré en trois centrales (Noor Midelt I, II et III), ajoutera à terme environ 1 600 MW de capacité solaire et de stockage par batteries — l’un des plus grands complexes solaires et de stockage renouvelable au monde (MASEN, communiqué du 12 décembre 2023).
- Le parc éolien de Tarfaya (131 éoliennes), mis en service en décembre 2014 pour 5 milliards de dirhams, est le plus grand d’Afrique et alimente l’équivalent de 1,5 million de foyers.
- Le Maroc vise à doubler sa capacité renouvelable installée pour atteindre 12 GW d’ici 2030 (MASEN/AMEE), avec un objectif officiel de plus de 52 % du mix électrique d’origine renouvelable à cet horizon.
- Un troisième programme solaire, Noor Atlas, est en cours de déploiement dans l’Oriental et le Sud-Est : le français Eiffage Énergie Systèmes a été retenu par MASEN pour construire quatre centrales photovoltaïques totalisant 225 MWc (Noor Aïn Beni Mathar 121 MWc, Noor Enjil 42 MWc, Noor Boudnib 33 MWc, Noor Bouanane 29 MWc), dans le cadre d’un contrat clé en main incluant sept ans d’exploitation-maintenance, pour une mise en service visée mi-2027 (Médias24, Barlamane, Enerzine, 22 mai 2026).
- Capacité totale du complexe Noor Ouarzazate : 582 MW (510 MW en concentration solaire + 72 MW en photovoltaïque).
- Capacité du parc éolien de Tarfaya : 301 MW (ONEE).
- Capacité installée renouvelable : 39,6 % de la capacité électrique totale du Maroc fin 2025 (contre 28,9 % en 2016), soit 4 851 MW installés (2 452 MW éolien, 1 306 MW hydraulique, 1 086 MW solaire) contre 2 417 MW en 2016 — Le360, 5 avril 2026.
- Production réelle d’électricité d’origine renouvelable : 27 % du total en 2024 (Le360, 5 avril 2026) — à distinguer de la capacité installée ci-dessus et de l’objectif officiel de 52 % du mix à l’horizon 2030 (MASEN, dossier de presse officiel), qui reste une cible non encore atteinte.
- Noor Midelt I (hybride photovoltaïque + thermodynamique à concentration, environ 800 MW avec stockage) a été attribué au consortium EDF Renouvelables (France) / Masdar (Émirats arabes unis) / Green of Africa (Maroc) ; le projet, initialement promis pour 2022 puis 2024, a accumulé d’importants retards, et sa mise en service est désormais attendue en 2026, avec notamment un prêt de 300 millions d’euros de la banque allemande KfW (Le Matin).
- Noor Midelt II et III (400 MWp photovoltaïque chacune, 602 MWh de stockage par batteries au total) ont été attribuées en août 2025 au saoudien ACWA Power — seul pour Noor Midelt II, avec le marocain Nareva Holding pour Noor Midelt III — sous un contrat Build-Own-Operate assorti d’un contrat d’achat d’électricité de 30 ans avec MASEN (Médias24, 4 août 2025).
Textile et cuir

Photo d'illustration (atelier textile) — Pexels, licence libre
Secteur exportateur historique depuis les accords de sous-traitance des années 1980 avec l’Europe, le textile-habillement et le cuir restent, malgré la concurrence asiatique, le premier employeur industriel du Maroc, en repositionnement progressif vers le « Made in Morocco » à plus forte valeur ajoutée.
- Le secteur regroupe plus de 2 851 entreprises au Maroc en 2024.
- Les vêtements et accessoires (hors bonneterie) dominent les exportations, avec une part de 60 % en 2022.
- Une part significative des ventes relève encore du régime de sous-traitance (Admission Temporaire pour Perfectionnement Actif).
- Des investissements chinois récents (2,5 milliards de dirhams) ont créé plus de 10 000 emplois dans le secteur ; zones industrielles historiques à Casablanca et Tanger.
- 43,1 milliards de dirhams d’exportations textile-cuir en 2024 (Office des Changes / Industries.ma).
- Plus de 246 000 emplois générés en 2024 — 1er pourvoyeur d’emplois industriels du Maroc (Office des Changes, 2024).
- Après des reculs en 2024 et 2025, le secteur a enregistré une troisième année consécutive de baisse : -6,5 % au premier semestre 2026 (21,1 milliards de dirhams), -5,2 % pour le prêt-à-porter et -7,4 % pour la bonneterie (Office des Changes, via presse économique marocaine, 2026).
Agroalimentaire et pêche industrielle

Photo d'illustration (conditionnement agroalimentaire) — Pexels, licence libre
Grâce à 3 500 km de côtes atlantique et méditerranéenne et à une agriculture diversifiée (agrumes, olives, fruits rouges, maraîchage), le Maroc a bâti une industrie de transformation alimentaire tournée vers l’export, dont la conserverie de sardine constitue le fleuron historique depuis le début du XXe siècle (Safi, Agadir, Essaouira).
- Le Maroc est le premier exportateur mondial de sardines en conserve : 84 000 tonnes produites et 76 000 tonnes exportées en 2024, soit 96 % des exportations régionales MENA (Barlamane, 2024).
- Le pays se classe parmi les 5 premiers exportateurs mondiaux pour plusieurs catégories de fruits et légumes frais (agrumes, tomates, fruits rouges, avocats) et de produits transformés.
- 1er producteur halieutique d’Afrique, 25e au niveau mondial ; exportations d’huile d’olive en hausse de 83 % au premier semestre 2024 par rapport à 2023.
- 85,8 milliards de dirhams d’exportations agriculture + agroalimentaire en 2024, +3,1 % sur un an (Office des Changes, 2024).
- 823 000 tonnes de produits de la mer exportées pour 28,8 milliards de dirhams en 2024 (Office des Changes).
- Emploi dans la pêche : les sources divergent nettement, entre environ 260 000 emplois directs et jusqu’à 700 000 emplois directs et indirects selon le périmètre retenu — un chiffre officiel unique (rapport ministériel « La Mer en Chiffres ») reste à confirmer.
Offshoring et services (BPO/IT)

Photo d'illustration (centre d'appels) — Pexels, licence libre
Lancé au milieu des années 2000 avec la création de zones dédiées comme Casanearshore, l’offshoring de services s’est imposé comme un relais de croissance non industriel majeur, positionnant Casablanca comme hub financier et de services pour l’Afrique francophone et l’Europe.
- Casablanca Finance City (CFC), créée en 2010, compte plus de 220 entreprises membres, représentant 24 nationalités et opérant dans plus de 50 pays africains.
- Environ 40 % des revenus du secteur offshoring proviennent désormais des services IT, contre 37 % pour la relation client (centres d’appels), le reste en ingénierie externalisée et BPO administratif.
- La stratégie nationale « Maroc Digital 2030 » vise 270 000 emplois et 40 milliards de dirhams d’exportations de services d’ici 2030.
- 26,22 milliards de dirhams d’exportations de services offshoring fin 2024.
- Environ 148 500 emplois directs fin 2024, contre environ 100 000 en 2020 — soit environ 20 500 emplois nets créés en 2024 seul.
- Casablanca Finance City a intégré en septembre 2026 le top 40 mondial des centres financiers (38e place du classement GFCI 40), 3e place africaine/moyen-orientale derrière Dubaï et Abou Dabi, avec désormais plus de 280 entreprises membres contre 220 en 2024 (Global Financial Centres Index, via presse économique, septembre 2026).
Batteries et matériaux pour véhicules électriques

Photo d'illustration (batterie de véhicule électrique) — Pexels, licence libre
Depuis 2024-2025, plusieurs groupes chinois de matériaux pour batteries ont annoncé des investissements majeurs au Maroc, dans la continuité de l’implantation automobile du pays : l’objectif affiché est de faire du Maroc un maillon de la chaîne de valeur mondiale des batteries pour véhicules électriques, entre l’Europe et l’Afrique.
- Le chinois Gotion High-Tech construit une gigafactory intégrée de batteries LFP (lithium-fer-phosphate) dans la zone franche de Rabat-Salé-Kénitra. La première phase représente un investissement estimé à environ 1,3 milliard de dollars pour une capacité initiale de 10 à 20 GWh/an selon les sources, avec un objectif à terme de 100 GWh/an ; plus de 600 emplois directs sont attendus pour cette première phase. La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé le 24 juillet 2026 un prêt de 100 millions d’euros pour accompagner le projet, dont l’entrée en service — initialement prévue fin 2025 — est désormais annoncée à la mi-2026.
- À Jorf Lasfar, COBCO — coentreprise entre le fonds marocain Al Mada et le groupe chinois CNGR Advanced Materials — a inauguré le 25 juin 2025 sa première unité de production de précurseurs de cathodes NMC (nickel-manganèse-cobalt), d’une capacité de 40 000 tonnes par an, avec un objectif à terme de 120 000 tonnes de précurseurs NMC, 60 000 tonnes de cathodes LFP et une unité de recyclage de « masse noire » de 30 000 tonnes par an. Investissement estimé à environ 2 milliards de dollars ; environ 1 800 emplois directs prévus en exploitation, après près de 5 000 emplois sur la phase de construction.
- Le chinois BTR New Material Group construit deux usines à Tanger Tech, pour un investissement total de plus de 6 milliards de dirhams (environ 750 millions de dollars) : une unité de cathodes (50 000 tonnes/an) et une unité d’anodes (60 000 tonnes/an), soit de quoi équiper environ 500 000 véhicules électriques par an. Plus de 1 100 emplois sont annoncés ; la mise en service des deux sites est visée pour 2026.
- En amont de la chaîne, STMicroelectronics a investi 2,4 milliards de dirhams depuis 2020 sur son site de Bouskoura (3 300 salariés, 2e plus grand site du groupe dans le monde), où une ligne dédiée aux composants au carbure de silicium pour véhicules électriques a été mise en service.
- Plus de 3 500 emplois directs annoncés au total sur les projets Gotion, COBCO et BTR (respectivement plus de 600, environ 1 800 et plus de 1 100) — chiffres communiqués séparément par chaque porteur de projet, à des stades d’avancement différents, non consolidés par une source officielle unique.
- COBCO vise à terme une capacité de 210 000 tonnes/an de matériaux pour batteries (120 000 t de précurseurs NMC + 60 000 t de cathodes LFP + 30 000 t de recyclage), contre 40 000 t en service depuis juin 2025 (COBCO, Batteries International, 2025).
- Ces trois projets s’ajoutent aux usines automobiles Renault et Stellantis déjà présentes au Maroc (voir section 1), qu’ils sont explicitement conçus pour approvisionner en batteries et matériaux — un rapprochement direct entre filière automobile et filière batteries, inédit en Afrique à cette échelle.
Mines et métaux précieux (hors phosphate)

Photo d'illustration (exploitation minière à ciel ouvert) — Pexels, licence libre
Au-delà des phosphates (voir section 3), le Maroc dispose d’un sous-sol riche en métaux de base et précieux — cobalt, argent, cuivre — exploité principalement par le groupe marocain Managem (fondé en 1930, basé à Casablanca) aux côtés d’acteurs internationaux comme le canadien Aya Gold & Silver. Ces mines, concentrées dans l’Anti-Atlas autour d’Ouarzazate, relient directement le sous-sol marocain à la filière batteries et véhicules électriques décrite en section 8.
- Bou Azzer (province d’Ouarzazate) : mine de cobalt exploitée depuis 1930 par la Compagnie de Tifnout Tighanimine (CTT), filiale de Managem — l’un des gisements de cobalt les plus anciens encore en activité au monde. En 2022, Managem a signé avec Renault un accord d’approvisionnement de 7 ans portant sur 5 000 tonnes de sulfate de cobalt.
- À Guemassa, Managem doit lancer en 2026 sa première unité de production de sulfate de cobalt destiné aux batteries automobiles — une première pour le Maroc et pour le continent africain (LesEco.ma / Maroc Hebdo, mars 2026).
- Argent : le Maroc est le premier producteur africain d’argent, porté par deux mines de l’Anti-Atlas. En 2025, la mine de Zgounder (Aya Gold & Silver, groupe canadien) a détrôné celle d’Imiter (Managem) comme première mine d’argent d’Afrique, avec une production de 4,82 millions d’onces (environ 137 tonnes), contre 1,67 million d’onces en 2024 (Agence Ecofin, avril 2026). Selon les sources, la production d’Imiter la même année se situe entre 127 et 151 tonnes selon le périmètre retenu (mine seule ou production argent consolidée du groupe Managem) — un chiffre officiel unique reste à confirmer.
- Cuivre : la mine de Tizert (Anti-Atlas, Managem), entrée en production en 2025 pour un investissement de 440 millions de dollars, est devenue la plus grande mine de cuivre du Maroc. Elle a produit 33 824 tonnes de concentré de cuivre dès sa première année de montée en puissance, avec un objectif de 110 000 tonnes pour 2026.
- Managem : chiffre d’affaires 2025 de 13,7 milliards de dirhams (+55 % sur un an), excédent brut d’exploitation de près de 6 milliards de dirhams (+125 %) — résultats financiers 2025, presse économique marocaine (LesEco, Le Brief, Maroc Hebdo, mars 2026).
- Managem emploie environ 6 000 collaborateurs de 22 nationalités, sur 13 mines et 22 unités industrielles réparties dans 9 pays africains (Managem Group, 2026).
- Zgounder : production d’argent en hausse de près de 3x en 2025 par rapport à 2024, franchissant pour la première fois le seuil des 4,8 millions d’onces annuelles (Aya Gold & Silver, via Agence Ecofin, avril 2026).
- Chiffre d’affaires consolidé de Managem en forte hausse au premier semestre 2026 : 11,76 milliards de dirhams, soit +166 % sur un an (contre 4,4 milliards de dirhams au premier semestre 2025), porté par la montée en puissance des mines de Tizert (Maroc, cuivre) et Boto (Sénégal, or) à leur capacité nominale ainsi que par la hausse des cours des métaux ; résultat net part du groupe multiplié par dix, à 3,7 milliards de dirhams (Médias24, Le360, Le Brief, 25 septembre 2026).
AMDIE, AMICA, GIMAS (gimas.org), OCP Group (ocpgroup.ma), MASEN, ONEE, Office des Changes (rapports Commerce Extérieur), Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, Ministère de l’Industrie et du Commerce (mcinet.gov.ma), Casablanca Finance City, Banque africaine de développement (BAD), COBCO (cobco.ma), Managem (managemgroup.com), Aya Gold & Silver, ainsi que la presse économique marocaine et spécialisée (Médias24, Le Matin, La Vie Éco, L’Économiste, Le360 Afrique, Barlamane, Ecomnews Med, Agence Ecofin, LesEco.ma, Le Brief, Maroc Hebdo, Batteries International, Infomédiaire, Bladi.net, Finances News Hebdo, Le Desk, Hespress, Enerzine), le Global Financial Centres Index (GFCI), ainsi qu’Eiffage (eiffage.com). Certains chiffres où les sources divergent (emploi automobile, emploi dans la pêche, part actuelle du renouvelable dans le mix électrique, capacité initiale et calendrier de la gigafactory Gotion, production d’argent d’Imiter, nombre d’entreprises et d’emplois dans l’aéronautique selon la date de la source) sont signalés avec la fourchette trouvée plutôt que tranchés arbitrairement.
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