Casablanca Finance City — Photo : AyourAchtouk, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Le Maroc a fait de l’attractivité pour l’investissement une priorité affichée, avec un cadre légal rénové en 2022, un guichet unique régional, et des dispositifs de plus en plus ciblés pour la diaspora. Voici ce que prévoit ce cadre, secteur par démarche, avec les sources officielles. Important : les lois de finances marocaines évoluent chaque année — les points signalés ⚠️ ci-dessous méritent une vérification à jour avant toute décision d’investissement, directement auprès de l’AMDIE, d’un CRI ou d’un professionnel du droit.
Cadre général de l'investissement

Photo d'illustration — Pexels, licence libre
La Charte de l’Investissement (loi-cadre n°03-22), adoptée en 2022 et publiée au Bulletin Officiel le 12 décembre 2022, remplace un dispositif resté inchangé pendant plus de 26 ans. Elle fixe un objectif chiffré de 550 milliards de dirhams d’investissements et 500 000 emplois créés sur la période 2022-2026, autour de l’égalité de traitement entre investisseurs marocains et étrangers et de la sécurité juridique.
- L’AMDIE (Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations) porte la stratégie « Morocco Now » et la promotion de l’investissement national et étranger.
- Les Centres Régionaux d’Investissement (CRI), réformés par la loi 47-18 de 2019, fonctionnent comme guichet unique régional pour les démarches d’investissement.
- Le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement (FM6I), opérationnel depuis 2022 et doté d’environ 1,7 milliard de dollars, co-investit aux côtés de gestionnaires privés dans des fonds sectoriels.
- Selon le World Investment Report 2026 de la CNUCED, le Maroc a attiré 3,33 milliards de dollars d’IDE en 2025, en hausse de 91 % sur un an — l’une des plus fortes progressions du continent.
- Dans le rapport Business Ready 2025 de la Banque mondiale (publié le 29 décembre 2025, qui remplace l’ancien classement Doing Business), le Maroc obtient un score de 63,44/100 et se classe 2ᵉ pays d’Afrique — derrière le Rwanda (67,94) et devant Maurice (63,20) — au-dessus des moyennes mondiale (60,11) et africaine (50,87).
- Bilan intermédiaire de la Charte : trois ans après son entrée en vigueur, 381 conventions d’investissement et avenants ont été approuvés depuis 2023, pour un montant cumulé de 581 milliards de dirhams et plus de 245 000 emplois directs et indirects créés, selon les chiffres communiqués par Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, lors de l’Africa CEO Forum à Kigali (13 mai 2026).
- Le flux net des investissements directs étrangers (IDE) a atteint 34,33 milliards de dirhams sur les huit premiers mois de 2026 (janvier-août), en hausse de 65 % sur un an, avec des recettes de 47,32 milliards de DH (+17 %) et des dépenses en baisse de 33,9 %, selon l’Office des Changes (Hespress, 2 octobre 2026).
- Côté notation souveraine, Moody's a relevé le 6 mars 2026 la perspective de la note du Maroc de « stable » à « positive » (notation maintenue à Ba1), une évolution présentée par l'agence comme ouvrant potentiellement la voie à un retour du Royaume en catégorie Investment Grade chez Moody's (Le360, 6 mars 2026).
- Le FM6I a franchi une étape concrète de déploiement : un premier appel à manifestation d'intérêt a permis de sélectionner, en 2025, 14 sociétés de gestion (9 marocaines, 5 internationales) couvrant l'industrie, l'agriculture/agro-industrie, le tourisme, le transport-logistique et des fonds généralistes — mobilisant 14,5 milliards de DH de capitaux privés aux côtés de 4,5 milliards de DH apportés par le Fonds, pour une enveloppe globale de 19 milliards de DH (lesiteinfo.com, 10 juillet 2025).
- Autre agence, autre échelle : S&P Global Ratings a relevé le 26 septembre 2025 la notation souveraine du Maroc de BB+/B à BBB-/A-3 (perspective stable), restituant au Royaume le statut « investment grade » perdu en 2021 — ce qui en fait alors le seul émetteur souverain africain d’eurobonds noté investment grade par S&P ; cette note a été reconfirmée le 27 mars 2026 (Bloomberg, 26 septembre 2025 ; FinancialAfrik/Ecoactu.ma, 27 mars 2026). Cette notation S&P est distincte de celle de Moody’s (Ba1, perspective « positive » depuis mars 2026, mentionnée ci-dessus) : chaque agence a sa propre échelle.
- Une loi modificative (loi 22-24, janvier 2025) ajuste la gouvernance des CRI : certains détails de fonctionnement continuent d’évoluer par décret.
- Les montants précis du FM6I (nombre de gestionnaires engagés, taille cumulée) varient d’une communication à l’autre — à reconfirmer sur fm6i.ma.
- Le projet de loi de finances (PLF) 2027, encore en discussion à l’automne 2026, affiche l’ambition de porter la part de l’investissement privé aux deux tiers de l’investissement global d’ici 2035 ; ce texte n’est pas encore adopté et ses dispositions définitives restent à vérifier une fois la loi votée (Le360, 6 août 2026).
Avantages fiscaux

Photo d'illustration — Pexels, licence libre
La fiscalité marocaine de l’investissement combine une réforme générale de l’impôt sur les sociétés et des régimes dérogatoires pour les zones et projets prioritaires.
- L’Impôt sur les Sociétés converge depuis 2023 vers deux taux cibles : 20 % de droit commun pour un bénéfice net inférieur à 100 millions de DH, 35 % au-delà (et pour le secteur financier).
- Les Zones d’Accélération Industrielle (ex-zones franches d’exportation) offrent une exonération totale d’IS pendant 5 ans ; à l’issue de cette période, le taux réduit de 15 % initialement prévu converge progressivement vers le taux de droit commun (20 % en 2026), resserrant l’avantage fiscal spécifique des ZAI au-delà des 5 premières années (comptable-tanger.com, données maintenues pour 2026).
- La Charte de 2022 prévoit jusqu’à 7 primes régionales cumulables, plafonnées à 30 % du montant investi, pour un projet d’au moins 50 millions de DH créant au moins 50 emplois (ou sans seuil de capital au-delà de 150 emplois stables créés).
- Exonération de droits de douane sur les biens d’équipement importés pour un programme conventionné ≥ 50 millions de DH, et exonération de TVA à l’importation pendant 36 mois à compter du début d’activité.
- Statut Casablanca Finance City (CFC) : créé en 2010 (loi 44-10) et regroupant plus de 220 entreprises membres, ce statut dédié aux sièges régionaux et sociétés de services financiers/prestations offre une exonération totale d’IS pendant 5 exercices puis un taux de 20 %, ainsi qu’une option de taux forfaitaire de 20 % d’IR pour les salariés (au lieu du barème progressif pouvant atteindre 37 %), pendant 10 ans maximum à compter de l’octroi du statut ou de l’embauche (établissements de crédit et assurances exclus du régime).
- Illustration de cette dynamique des ZAI : une nouvelle zone d’accélération industrielle a été lancée le 23 février 2026 à Oulad Saleh (province de Nouaceur, 476 hectares), appelée à devenir la 4ᵉ plus grande ZAI du Royaume une fois aménagée — le plan d’aménagement et les études de faisabilité restaient toutefois à finaliser au moment de l’annonce (ecoactu.ma, 23 février 2026).
- Signe de cette attractivité, Casablanca Finance City est entrée dans le top 40 mondial des centres financiers dans la 40ᵉ édition du Global Financial Centres Index (GFCI), publiée le 16 septembre 2026 par le think tank londonien Z/Yen Group avec le China Development Institute : CFC se classe 38ᵉ sur 117 centres évalués (contre 49ᵉ en mars 2026, soit +11 places), 3ᵉ au niveau Afrique/Moyen-Orient derrière Dubaï et Abou Dabi, le hub regroupant désormais plus de 280 entreprises membres.
- Le réseau des zones d'accélération industrielle continue de s'étendre : deux décrets publiés au Bulletin Officiel n°7549 du 5 octobre 2026 créent la ZAI Bouknadel 2 (décret n°2.26.593, commune de Sidi Bouknadel, préfecture de Salé, 42,64 hectares, ouverte à l'automobile, l'aéronautique, le textile-cuir, l'agroalimentaire, les énergies renouvelables et les matériaux de construction — en extension de la ZAI Bouknadel historique de 24,26 ha créée en 2021) et étendent la ZAI Jorf (décret n°2.26.98, commune de Moulay Abdallah, province d'El Jadida, désormais environ 501,64 hectares répartis sur 3 parcelles, dédiée aux industries chimiques/parachimiques, aux batteries électriques et à la métallurgie-automobile) (LesEco.ma, Médias24, Industrie du Maroc, octobre 2026).
- Le taux IS du statut CFC a convergé progressivement vers 20 % entre 2023 et 2026 (contre 15 % auparavant) ; le détail de l’option de taux forfaitaire IR pour les salariés CFC a été précisé par la Loi de Finances 2026 — à reconfirmer sur cfc.ma ou auprès de la DGI.
- Le calendrier IS 2026 et les éventuelles dérogations sectorielles doivent être vérifiés dans le texte définitif de la loi de finances la plus récente (tax.gov.ma).
- Le détail des 7 primes régionales (montants exacts par catégorie de province, conditions précises des « primes communes ») doit être vérifié dans le décret d’application de la Charte.
Procédures d'accompagnement (guichet unique)

Photo d'illustration — Pexels, licence libre
Les CRI centralisent les démarches d’investissement pour éviter les allers-retours entre administrations, avec un objectif affiché de rapidité.
- Le délai légal maximum d’instruction d’un dossier CRI est fixé à 30 jours par la loi 47-18 ; le délai moyen constaté serait descendu à environ 9 jours en 2025 selon la presse économique, contre 20 jours en 2020.
- La Commission Régionale Unifiée des Investissements (CRUI), présidée par le Wali de région, réunit les administrations concernées autour d’un même dossier pour l’examiner et l’autoriser ; la loi 22-24 (adoptée définitivement en décembre 2024) lui confie désormais l’approbation des projets d’investissement de moins de 250 millions de dirhams, en plus de ses attributions antérieures.
- La plateforme officielle CRI-INVEST (cri-invest.ma) permet de s’informer, déposer un dossier et suivre son instruction en ligne ; le service DirectEntreprise permet une création d’entreprise 100 % en ligne.
- Le décret n°2.26.564 (Bulletin Officiel n°7530 du 30 juillet 2026) opérationnalise la réforme issue de la loi 22-24 : délai strict de 20 jours pour l'examen d'un dossier par la CRUI, puis 10 jours supplémentaires pour la délivrance des actes administratifs, soumission explicite des CRI aux règles des marchés publics, et création de deux instances de recours pour les investisseurs (commission ministérielle des recours, présidée par le chef du gouvernement, et commission technique d'instruction) (La Nouvelle Tribune, 2026).
- Selon l'OMPIC, la plateforme DirectEntreprise — généralisée à l'échelle nationale en mars 2025 après une phase pilote lancée à Rabat en février 2023 — a permis la création de plus de 50 300 entreprises en ligne, représentant 44 % des nouvelles immatriculations en 2026, avec un délai moyen de 3 jours pour un dossier complet (moins de 24h dans certains cas) et un taux de satisfaction déclaré de 94 % (maroc.ma, Agence MAP, 6 mai 2026).
- Selon plusieurs recoupements de presse économique (dont Médias24, 20 janvier 2025), la loi 22-24 ramènerait la fréquence des réunions de la CRUI à deux par an, contre un rythme hebdomadaire auparavant — nous n’avons pas pu consulter le texte réglementaire définitif pour confirmer ce point avec certitude ; à vérifier directement auprès du CRI concerné avant de compter sur un délai précis.
Dispositifs spécifiques pour les Marocains résidant à l'étranger (MRE)

Photo d'illustration — Pexels, licence libre
Au-delà du cadre général, l’État marocain a mis en place des dispositifs dédiés pour faciliter et encourager l’investissement des Marocains du monde dans leur pays d’origine.
- MDM Invest, porté par Tamwilcom, offre une prime d’investissement non remboursable de 10 % du coût du projet (plafonnée à 5 millions de DH), versée après réalisation, pour un projet neuf ou d’extension d’au moins 1 million de DH porté par un MRE, qui doit apporter au moins 20 % du montant de l’investissement en fonds propres (Tamwilcom, tamwilcom.ma).
- MDM Tamwil, dispositif complémentaire plus récent, propose un financement bancaire additionnel de 1 à 5 millions de DH à un taux annoncé de 2,5 % HT sur 7 ans.
- Les MRE peuvent ouvrir un compte en devises ou en dirhams convertibles (Office des Changes / Bank Al-Maghrib), permettant de financer un investissement au Maroc avec une faculté de retransfert à l’étranger sans limitation de montant.
- Pour l’opération Marhaba 2026, les franchises douanières ont encore été relevées : 40 000 DH sur les effets personnels en retour définitif (25 000 DH pour les MRE exerçant une activité lucrative), et un abattement de 90 % sur les droits de douane pour l’importation d’un véhicule par les MRE de 60 ans et plus (valeur plafonnée à 300 000 DH) ; une cellule dédiée accompagne les porteurs de projets MRE sur le plan douanier (Administration des Douanes, via Aujourd’hui le Maroc, 8 juin 2026).
- La Fondation Hassan II pour les Marocains Résidant à l’Étranger reste pleinement active en 2026 : elle a organisé l’accueil de l’opération Marhaba (10 juin – 15 septembre 2026, 26 points d’accueil dont 20 au Maroc). L’annonce royale de novembre 2024 d’une future Fondation Mohammedia des MRE n’a, à ce jour, reçu aucune traduction opérationnelle confirmée par la presse (aucun décret ni nomination officielle recensés) : la Fondation Hassan II demeure l’interlocuteur en place.
- L'Instruction Générale des Opérations de Change (IGOC) 2026 de l'Office des Changes a assoupli le financement immobilier en dirhams pour les MRE et les étrangers non-résidents : les banques marocaines peuvent désormais financer jusqu'à 80 % de la valeur du bien acquis (contre 70 % auparavant), sans limitation du nombre de biens pour les MRE (ecoactu.ma, 25 mai 2026).
- Pacte TPME 2026-2030, lancé le 29 avril 2026 par l'Agence Maroc PME, réserve 4 programmes aux MRE porteurs de projet : Pact'Transmission (reprise d'entreprises familiales marocaines sans repreneur identifié, prise en charge 90 %, plafond 1 million de DH), Pact'Restructuration (reprise ou consolidation de PME marocaines en difficulté de trésorerie, chiffre d'affaires ≤ 200 millions de DH, prise en charge 90 %, plafond 2,4 millions de DH), Pact'Scale Up (développement de projets déjà implantés au Maroc par des MRE) et Pact'Performance (transfert de compétences acquises à l'étranger vers des PME marocaines, prise en charge 80 %, plafond 1 million de DH) — accessibles via Maroc PME, les CRI ou MeM by CGEM (maroc.ma, lesmre.com, avril 2026).
- Les transferts de fonds des Marocains résidant à l'étranger ont atteint 89,215 milliards de DH à fin août 2026, en hausse de 9 % sur un an (contre 81,846 Mds DH à fin août 2025), selon l'Office des Changes — un flux distinct de celui des investissements directs étrangers (34,33 Mds DH, cité plus haut) (Consonews/H24Info, Agence MAP, 4 octobre 2026).
- Une plateforme numérique dédiée (« Jalia Invest »), portée par le ministère de l’Investissement, reste annoncée mais non encore opérationnelle : son responsable évoquait encore une préparation du lancement en juin 2026 (Médias24, 3 juin 2026) — à vérifier si elle est disponible au moment de votre démarche.
- Les franchises douanières et plafonds MRE sont révisés chaque année à l’occasion de l’opération Marhaba : les montants ci-dessus concernent l’édition 2026, à recontrôler pour toute autre année.
- AMDIE — amdie.gov.ma
- Plateforme CRI-INVEST — cri-invest.ma
- Tamwilcom (MDM Invest / MDM Tamwil) — tamwilcom.ma
- Office des Changes (comptes MRE) — oc.gov.ma
- Fondation Hassan II pour les MRE — fh2mre.ma
- Direction Générale des Impôts (fiscalité) — tax.gov.ma
Beb Orient n’est ni un cabinet de conseil ni un intermédiaire d’investissement. Cette page est un contenu éditorial informatif et ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou financier ; elle ne remplace pas une vérification directe auprès des organismes cités ou d’un professionnel, notamment pour tout chiffre fiscal ou tout dispositif signalé comme évolutif ci-dessus.


