Fès n’est pas une ville qu’on visite, c’est une ville qu’on traverse à pied, au ralenti, en se perdant volontairement dans ses ruelles. Capitale spirituelle et intellectuelle du Maroc depuis plus de mille ans, elle abrite dans sa médina l’une des plus grandes zones piétonnes du monde, où ânes et charrettes à bras circulent encore faute de place pour les voitures. C’est une ville qui vit et travaille dans ses murs anciens, pas seulement une ville qui se donne à voir.
À ne pas manquer
- Médina de Fès el-Bali : classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, c’est l’un des plus grands ensembles urbains piétonniers au monde, un dédale de plus de 9 000 ruelles où se mêlent mosquées, medersas, souks et ateliers.
- Tanneries Chouara : les plus grandes et les plus anciennes tanneries de la ville, où le cuir est encore tanné et teint à la main dans des cuves de pierre selon des méthodes séculaires.
- Université et mosquée Al Quaraouiyine : fondée en 859, considérée par l’UNESCO comme la plus ancienne institution d’enseignement supérieur toujours en activité au monde.
- Palais royal de Fès (Dar al-Makhzen) : sur la place des Alaouites, ses immenses portes en laiton finement ciselées sont l’un des symboles les plus photographiés de la ville.
- Bab Boujloud : la porte bleue, principale entrée monumentale de Fès el-Bali, bleue côté ville et verte côté médina (couleur de l’islam).
- Medersa Bou Inania : chef-d’œuvre d’architecture mérinide du XIVe siècle, avec ses zelliges, ses bois sculptés et ses stucs finement ouvragés.

Le côté populaire et authentique
- Fès el-Jdid et le Mellah : cette partie de la ville, fondée au XIIIe siècle, abrite l’ancien quartier juif avec ses façades à balcons en bois, très différentes de l’architecture tournée vers l’intérieur du reste de la médina.
- La Ville Nouvelle : construite à l’époque du protectorat, autour de l’avenue Hassan II et de l’avenue Mohammed V, c’est là que les Fassis font leurs courses, vont à la banque ou prennent un café en terrasse.
- Talaa Seghira : parallèle à l’artère touristique de Talaa Kebira, cette rue plus étroite et plus tranquille est bordée de petits ateliers et d’échoppes de quartier, fréquentée surtout par des habitants.
- R’cif : ce carrefour et cette place, au cœur de la médina, sont un vrai pôle de vie locale avec ses marchands de légumes, ses gargotes et son flux constant d’habitants.
- Le quartier des potiers d’Ain Nokbi : à la périphérie de la ville, c’est là que se trouvent les ateliers et les fours à bois où est fabriquée la célèbre poterie bleue de Fès.
- À manger comme un local : la bissara (soupe de fèves) et les sfenj (beignets) le matin, la harira à toute heure, ou une soupe d’escargots (babbouche) vendue dans la rue en fin d’après-midi.




Quartiers et vie des habitants
Fès est composée de trois ensembles : Fès el-Bali, la plus ancienne médina, inscrite à l’UNESCO et habitée par un grand nombre de familles ; Fès el-Jdid, fondée en 1276 par les Mérinides ; et la Ville nouvelle, conçue sous le protectorat par l’urbaniste Henri Prost. Les métiers se transmettent souvent de père en fils, notamment autour du cuir.
- Fès el-Bali, fondée à l’époque idrisside, est traversée de ruelles où vivent et travaillent artisans et commerçants.
- Fès el-Jdid abrite le palais royal et l’ancien mellah, déplacé dans ce quartier.
- La Ville nouvelle, avec ses avenues et places aux immeubles du XXe siècle, accueille administrations et services.
- La tannerie Chouara est l’un des lieux emblématiques du travail du cuir.



Photo par Hakim-agh, licence CC BY-SA 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/), source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Fez_Talaa.jpg
Photo par Robert Prazeres, licence CC BY-SA 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/), source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Fes_Place_Florence_DSCF8723.jpg
Photo par Jorge Franganillo, licence CC BY 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by/2.0/), source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Fez_Chouara_Tannery_(54237913722).jpg
Comment y aller : aéroport Fès-Saïs, train ONCF direct depuis Casablanca, Rabat et Tanger (pas de train direct rapide depuis Marrakech).
Meilleure période : avril-mai et septembre-octobre (étés très chauds et secs au-delà de 35°C, hivers plus frais et pluvieux qu’attendu).
Budget indicatif : 250 à 400 MAD/jour en routard, à partir de 800-1000 MAD/jour pour un séjour confortable.
Conseils : tenue simple couvrant épaules et genoux près des lieux religieux ; méfiez-vous des « guides » non sollicités et mettez-vous d’accord sur un prix avant tout accompagnement ; se perdre dans Fès el-Bali fait partie de l’expérience, sans danger particulier.
Le cuir travaillé dans les tanneries de Fès inspire une grande partie de notre sélection d’artisanat en cuir. Voir la sélection →


