Chefchaouen se mérite : nichée à flanc de montagne dans le Rif, à environ 600 mètres d’altitude, elle apparaît d’un coup après un dernier virage, comme une tache bleue posée sur la roche. Ici, le bleu n’est pas un décor pour touristes mais une habitude ancienne des maisons de la médina, entretenue chaque année par les habitants eux-mêmes. Passé les ruelles les plus photographiées, c’est une petite ville de montagne qui vit à son rythme.
À ne pas manquer
- La médina bleue : un dédale de ruelles et d’escaliers aux façades peintes dans toutes les nuances de bleu, à parcourir sans itinéraire précis.
- La Kasbah de Chefchaouen : forteresse du XVIIIe siècle en plein cœur de la médina, avec ses jardins intérieurs et son petit musée ethnographique consacré à l’histoire du Rif.
- La place Outa el Hammam : la grande place centrale bordée de cafés et de terrasses, dominée par la Grande Mosquée et son minaret octogonal, atypique dans l’architecture marocaine.
- Ras el Maa : la source d’eau à l’entrée de la médina, où l’eau descend directement de la montagne ; un point de vie autant que de passage.
- Les cascades d’Akchour : à une trentaine de minutes de route, un site de randonnée avec chutes d’eau et l’arche naturelle surnommée le « pont de Dieu ».
- Le parc national de Talassemtane : les hauteurs boisées de sapins et de cèdres qui encerclent la ville, terrain de randonnées à la journée.

Le côté populaire et authentique
- Le souk hebdomadaire : le grand marché où les habitants des villages alentour descendent vendre légumes, fromage de chèvre local, laine et ustensiles.
- Les fours à pain collectifs (ferrane) : dans les quartiers résidentiels, chaque famille apporte encore sa pâte à cuire au four du quartier, un geste banal qui en dit long sur la vie de voisinage.
- Ras el Maa au petit matin : avant l’arrivée des groupes, c’est le lieu où les femmes viennent laver le linge et où les enfants jouent dans l’eau qui descend de la montagne.
- Le costume traditionnel des femmes jbala : dans les rues et sur les marchés, on croise encore souvent le chapeau de paille à pompons de laine typique des femmes de la région du Rif.
- Manger comme un habitant : privilégier les gargotes sans enseigne autour des places secondaires plutôt que les restaurants à terrasse touristique.
- S’éloigner du centre historique : les quartiers en dehors de la médina montrent une ville de montagne ordinaire, avec ses commerces de proximité, loin des points recherchés pour les photos.




Quartiers et vie des habitants
La médina de Chefchaouen s’est construite en plusieurs quartiers, chacun lié à une activité ou à une histoire : la Souika, ancien premier marché de la médina, Rif Andalous, où se sont installés des exilés venus d’Espagne, Sebbanine, réputé pour ses lavoirs, ou encore Kharrazine, quartier des cordonniers. La place Outa el Hammam, dominée par la kasbah et la Grande Mosquée, en est le cœur.
La ville compte environ 46 000 habitants (2024) et vit surtout du tourisme, de l’artisanat, de l’agriculture (notamment l’olive) et du commerce.
- Les ruelles étroites de la médina sont peintes en bleu et blanc, et les habitants y vivent au quotidien au milieu des boutiques et des fontaines.
- Le quartier de la Souika doit son nom au petit souk qui y animait le commerce ; Kharrazine évoque les artisans du cuir.
- La source de Ras El Maa, à environ 3 km de la ville, est un lieu de promenade très fréquenté.
- Tissus, tapis, pains et épices exposés sur les places et dans les échoppes rythment la vie de la médina.



Photo par Imane aragon, licence CC BY-SA 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0), source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Chefchaouen_center.JPG
Photo par Buiobuione, licence CC BY-SA 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0), source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Alley_in_the_street_of_Chefchaouen_1200.jpg
Photo par YoTuT (Flickr), licence CC BY 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by/2.0), source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Chefchaouen,_Morocco_(5410213344).jpg
Comment y aller : bus (notamment CTM) ou grand taxi depuis Tanger (environ 2h) ou Tétouan (environ 1h), plus long depuis Fès (environ 4h) ; pas de gare ni d’aéroport sur place.
Meilleure période : avril-mai et septembre-octobre ; étés plus supportables qu’ailleurs grâce à l’altitude, hivers froids et pluvieux avec parfois de la neige sur les sommets.
Budget indicatif : 150 à 250 MAD/jour en routard, 600 à 1200 MAD/jour pour un séjour confortable.
Conseils : tenue modeste recommandée, en particulier dans les ruelles résidentielles ; demandez l’autorisation avant de photographier des habitants ou l’intérieur de leur porte ; restez prudent face aux sollicitations insistantes de « guides » non officiels.
Les paniers tressés et textiles que l’on croise sur les marchés de Chefchaouen font partie du même artisanat que nous mettons en avant. Voir la sélection →


